Une étude de l’iFrap montre que les impôts directs qui pèsent sur les ménages français auraient augmenté de plus de 25% entre 2010 et 2017.

Dans le cadre du Grand Débat, l’iFrap (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques – think tank dédié à l’analyse des politiques publiques) a réalisé une étude sur l’évolution des impôts directs en France en se basant sur les données de l’Insee et de la direction générale des Finances publiques.

Les impôts directs englobent la CSG-CRDS, les prélèvements sociaux, l’impôt sur le revenu et sur les capitaux mobiliers, la taxe foncière, la taxe d’habitation, l’impôt sur la fortune et les droits de succession.

Entre 2010 et 2017, les impôts directs ont augmenté de 25%

Le journal Le Figaro a pu consulter cette étude. Selon le quotidien, il en ressort qu’en 7 ans (entre 2010 et 2017), les impôts directs qui pèsent sur les ménages français ont augmenté de plus de 25%.

Pourtant, dans les années 2000, les impôts directs avaient légèrement diminué, passant en moyenne de 16% à 14,8% du revenu de base entre 2000 et 2010. Mais la situation s’est inversée à partir de 2010 et les impôts directs ont augmenté en continu jusqu’à atteindre 18% du revenu de base en 2017.
Cela représente un total de 250 milliards d’impôts directs en 2017, soit 63 milliards d’euros de plus qu’en 2010 soit encore une hausse globale de 25,2%.

10% des foyers les plus riches acquitte 52% de tous les impôts directs

Autre constat révélé par le journal : ces impôts se concentrent sur les 10% de foyers les plus aisés, soit les ménages gagnant plus de 4 623 euros mensuels (soit 55 481 euros annuels). Ces foyers sont ponctionnés en moyenne de 37% de leur revenu fiscal.

Selon l’étude, ces 10% des foyers les plus riches acquittent à eux seuls 70% de l’impôt sur le revenu, et 52% de tous les impôts directs de 2017. Si l’on élargit aux 30% les plus aisés, ceux-ci payent 79% des impôts. Les 30% de Français les moins aisés contribuent quant à eux à hauteur de 2% du total des impôts directs.
L’étude montre également que sur les 63,4 milliards d’euros de supplément d’impôts directs, 38% a concerné le dernier décile de niveau de vie.

De grandes disparités au sein des 10% des foyers les plus riches

Mais la catégorie des 10% de foyers les plus « aisés » recouvre des réalités très disparates. Si le revenu moyen de ces 10% est de 55 481 euros annuels, seulement 1% des ménages français gagnerait plus de 170 000 euros par an et 6 700 ménages plus d’un million d’euros par an. Les plus aisés sont taxés à un taux de 45% au-delà de 156 245 euros annuels. Ces 379 000 foyers fiscaux acquittent à eux seuls un tiers de l’impôt sur le revenu français.
L’iFrap précise que son étude ne porte que sur les impôts directs et ne prend pas en compte la fiscalité indirecte, c’est-à-dire la TVA et les différentes taxes sur les produits (dont le carburant).

Le ratio de dépenses publiques le plus élevé d’Europe

Cette étude est l’occasion de rappeler l’importance de l’enjeu de réduction de la dette et des dépenses publiques pour la France. En 2017, la dette publique en France représentait 98.5% du PIB. Réduire les déficits et la dette publique est devenu un enjeu majeur pour le gouvernement. Pour cela, il faut réussir à contenir les dépenses publiques qui croissent encore de 0.5% environ par an. En 2017, elles représentaient environ 56.5% du PIB, le ratio le plus élevé de l’Union Européenne.

Source Boursorama